22 MARS

Journée mondiale de l’eau


 
La Journée mondiale de l’eau, qui a lieu le 22 mars de chaque année depuis 1993, est une célébration des Nations Unies qui met l’accent sur l’importance de l’eau douce.

La Journée mondiale de l’eau célèbre l’eau et sensibilise à la situation des 2,2 milliards de personnes qui vivent sans accès à de l’eau salubre.

Pour marquer cette journée et pour accroitre la sensibilisation du grand public, INOVAYA donne la parole à des gens ordinaires qui nous livrent leur histoire avec l’eau potable.

Si vous aussi vous avez un témoignage à donner, contactez nous : info@inovaya.eu

Merci à celles et ceux qui ont accepté de jouer le jeu!



Thibaut, Roumanie


“Dans de nombreux villages de Roumanie, les maisons n’ont pas accès à l’eau courante. En revanche, chaque maison est souvent pourvue d’un puit, qui permet de satisfaire les besoins sanitaires quotidiens. Mais l’eau du puit n’étant pas potable, il faut recourir à une autre solution pour s’approvisionner en eau de consommation: les sources naturelles. Chaque village en a en général au moins une, plus ou moins aménagée, qui permet aux habitants de satisfaire ce besoin vital.
Le village de Toparcea n’échappe pas à cette règle. Situé à moins de 30 km de la ville de Sibiu et peuplé aujourd’hui de 140 habitants, c’est un petit patelin qui essaie tant bien que mal de survivre à l’exode rural dont il a été victime au cours des 50 dernières années. En l’absence de restaurant, bar ou café, le lieu de rencontre privilégié des habitants est la source naturelle qui coule à l’entrée du village. Ils lui ont même donné un nom: Iliana. Souvent quand on va “rendre visite” à Iliana, on doit s’armer de patience, car sa popularité et son faible débit font qu’on doit souvent faire la queue et attendre sagement que les autre visiteurs finissent de remplir leurs bidons. Du coup, pendant l’attente, les gens parlent: de leur vie, de leur histoire, de leurs fiertés et de leurs regrets. C’est un endroit ou l’on peut tout se dire, sous la bénédiction d’un saint généralement représenté par une icône placée au dessus de la source.
Les moments passés auprès d’Iliana me rappellent souvent les raisons pour lesquelles j’ai choisi de venir m’installer en Roumanie: etre proche de la nature, avoir un rythme de vie plus lent et créer des liens avec les gens.”

 



Sébastien, France


« L’eau pour moi est associé au climat. Je suis de La Réunion et j’ai grandi au grès des saisons cycloniques. Pendant cette période de novembre à avril, même quand il n’y a pas de cyclone qui nous menace directement, on est souvent à la merci des précipitations. Et ces pluies torrentielles ont un impact direct sur l’eau potable. Donc durant ces 5/6 mois il nous est régulièrement interdit de boire l’eau du robinet. On doit la faire bouillir ou boire de l’eau en bouteille. Autant dire que depuis petit j’ai pris conscience de la rareté de cette eau qu’on croit infiniment disponible en tournant un simple robinet. Oui l’eau est un bien précieux et le dérèglement climatique va la rendre de plus en plus rare. Sans être moralisateur, il fait bien comprendre que l’utiliser avec parcimonie est pour nous tous un devoir ! »

 



Sophie, France


“Je me souviens de mes vacances chez ma grand-mère maternelle. Elle habitait à la campagne dans une maison dotée d’une pièce principale avec une grande cheminée et d’une chambre. Pas d’eau courante, pas de toilettes à l’intérieur, juste des toilettes sèches situées non loin du poulailler. L’eau, il fallait aller la chercher dans un puits dans le jardin plusieurs fois par jour, surtout quand nous étions plus nombreux! Pas de douche, alors une fois par semaine, le rituel du bain dans une grande bassine nous faisait un moment joyeux à partager avec ma sœur! C’était dans les années 80, il n’y a pas si longtemps, non loin d’une grande ville : Nantes. De par cette expérience durant mon enfance, j’ai appris la valeur de l’eau. Quand celle-ci arrive potable au robinet, je me dit que j’ai de la chance et qu’il faut éviter de la gaspiller!”

 


Mai, Vietnam


“Chez moi nous avons un système de filtrage d’eau. Nous avons l’habitude de faire bouillir l’eau filtrée. Nous n’achetons que rarement de l’eau en bidon. Ma maman fait souvent bouillir l’eau filtrée car nous pensons que cela tue les mauvaises bactéries et rend l’eau plus saine.
Je sais qu’ainsi, nous perdons certains éléments nutritifs de l’eau mais cela nous rassure. Les autres familles elles, boivent directement l’eau filtrée”

 
 



 

Anne, France


“Eté 1981 sous le col de la Schlucht, j’étais jeune monitrice de colonie de vacances. Pour ces enfants, un cadre magnifique pour passer de superbes vacances. Lors de mon premier congé, nous avons passé un week-end dans la ferme d’une amie. Soirée joyeuse et amicale autour d’une bonne pizza.
Au milieu de la nuit, je me réveille : j’ai chaud et une envie « pressante ». En me levant j’ai des vertiges ! Je n’ai jamais été malade comme cela ! J’incrimine la pizza, mais bizarre … tous mes amis ont bien dormi et aucun n’a été malade. Dimanche soir fin du congé, retour à la colonie de vacances où j’apprends que pendant le week-end plus de la moitié de la colonie a été malade! En cause, un gros orage et un troupeau de bovins qui ont contaminés le périmètre de captage de l’eau de source utilisée pour la colonie ! Les conséquences sanitaires se sont arrêtées là. Mais en d’autres temps, ou d’autres lieux sur la planète, elles auraient pu être dramatiques ! Cela s’est passé il y a 39 ans, mais je ne l’ai jamais oublié…”

 


Guillaume, France


« Nous avons tous un moment qui nous a marqué dans une carrière.
Pour ma part, je l’ai vécu dans un quartier populaire de Seine-Saint-Denis. Mon entreprise gérait la distribution de l’eau, et dans ce cadre, nous intervenions régulièrement dans le cadre d’actions pédagogiques avec la commune. Une de ces actions consistait à animer un Bar à Eau. Le fonctionnement est simple : nous invitions les testeurs à gouter trois eaux différentes (une eau très minérale, une eau de source et l’eau du robinet).
Après avoir fait le test, une mère de trois enfants semblait avoir du mal à faire la différence de goût entre l’eau de source et l’eau du robinet, comme 90% des testeurs. Je lui ai donc expliqué qu’entre les deux il y a deux différences fondamentales : l’eau du robinet est beaucoup plus écologique (pas besoin de bouteille ne d’acheminement via des camions), et beaucoup plus économique (30 à 500 fois moins cher, en fonction des marques d’eau en bouteille).
La dame, très surprise, m’a alors regardé avec le plus grand sérieux, et m’a dit quelque chose qui aujourd’hui encore, est gravé dans ma mémoire :
« Vous êtes en train de me dire que l’eau du robinet est aussi bonne que l’eau de source ? Vous êtes en train de me dire que je n’ai pas besoin d’acheter deux packs d’eau tous les deux jours ni de les monter au 4ème étage sans ascenseur ? Vous êtes au courant que vous venez de changer ma vie ? »
Et après m’avoir remercié plusieurs fois elle est partie.
Quand je me pose des questions sur le sens de mon travail, sur notre impact dans la société, je repense à ce moment-là. Et je me dis qu’avec les autres personnes en France qui œuvrent tous les jours pour fournir une eau de qualité 7j/7, 24h/24, nous faisons vraiment un job formidable. »

 



Marion, France


“Avant d’être un souvenir narrable, l’eau est d’abord une drôle de sensation, à la fois visuelle, tactile et chantée. Une macédoine de tous les apprentissages de l’enfance.
D’une part, j’associe toujours d’emblée “l’eau” à une goutte; une gouttelette bleue claire qui se meut, se transforme et voyage dans notre environnement. Cette gouttelette sympathique n’est autre que celle de “Ma Petite planète chérie”, dessin animé éducatif des années 1990 qui expliquait le cycle de l’eau, du ruisseau au nuage. Cette eau omniprésente et lien entre tous les univers et matières m’avait alors beaucoup marqué ! Dans mon imaginaire d’écolière, je me rappelle mélanger cette vision universelle de l’eau à l’étang : il y en avait un dans le jardin de l’école, un dans le parc de la commune, un dernier, incontournable !, lors des promenades de vacances.
Et il y en avait tant d’autres dans les poèmes à apprendre, les proses d’Anna de Noailles, dans les peintures de Claude Monet. Derrière ses nénuphars, il y a la fascination du peintre pour cette matière qui ondule à la lumière et au rythme du vent, qui se fait l’écho de chacun des mouvements, aussi infimes soient-ils, de chaque être vivant qui l’entoure. Cette eau contemplative à contempler a travaillé la sensibilité des artistes de tous temps; mais elle est elle-même sensible : puisqu’elle vibre sous nos moindres gestes, nous sommes responsables de son sort autant qu’elle maintient notre monde.
Petite, ce n’est pas en ces termes que je me figurais l’eau mais cet attachement réciproque me saisissait déjà au fil des promenades et des coups d’œil vers l’étang depuis la salle de classe.”

 



Guillaume, France


“En France, l’eau potable rythme nos vies depuis longtemps. Alors on n’y pense plus comme un calice. Sauf quand les sécheresses à répétition nous rappellent à l’ordre. À l’heure où l’eau s’achète et se vend en bourse en Australie, comme n’importe quelle commodité, il est urgent de repenser l’eau comme une denrée rare. Et donc d’innover. Dans le cadre du développement de mon projet de restaurant éco-responsable, une comète est passée avec une surprise de taille. Et si on pouvait économiser 90% de la consommation d’eau vs un restaurant traditionnel. Et si on pouvait utiliser l’eau propre produite pour faire pousser des plantes autour du restaurant et utile à sa cuisine? Et si on arrêtait le carnage de gâchis d’eau dans les restaurants?
Essayer petit à petit de rendre à l’eau son statut d’élixir”

 



David, Laos


« Avril 2018, pour mon premier voyage hors Europe direction le Laos pour une mission humanitaire. Project : réalisation d’une adduction d’eau dans un village. Nous avons passé une semaine en immersion dans le village à vivre au rythme des travaux et de le vie des villageois. Après l’installation de notre campement dans la salle des fêtes, où nous avons découvert nos toilettes avec chasse d’eau à la casserole, nous visitons le village et les chantiers. Le soir au moment de la toilette nous nous attendions à nous rendre sur un point d’eau du village, mais notre jeune guide nous conduit dans une salle de bain naturelle où la vue y est magnifique, la Naam Ou River. Autrement dit la rivière en bas du village. Tous les soirs de la semaine nous profitions de cette baignoire, et lorsque nous sommes retournés en ville dans notre B&B, nous nous sommes sentis privilégiés d’avoir une Douche, un vrai luxe. Depuis ce voyage lors des visites scolaires de mes installations d’assainissement, j’essaie de faire prendre conscience aux enfants que l’eau est un luxe dans notre monde dont il faut prendre soin tous les jours et pas uniquement lors de périodes de canicule ».

 



Simon, France

“Je suis officier de la marine marchande de formation. Tout juste breveté, j’ai effectué mes premiers embarquements en tant qu’officier mécanicien à bord du « Bretagne », un navire de la Brittany Ferries qui traverse tous les jours la Manche avec plus de 2000 passagers à son bord. J’étais alors 4ème mécanicien, en charge de la production d’eau douce. Pour se faire, l’eau de mer était acheminée dans un bouilleur (une sorte de cocote minute géante) avant d’être évaporée grâce à la chaleur perdue des moteurs de propulsion. Une technique vraiment intéressante !
En parallèle de cette expérience, j’ai rejoint le projet Nomade des mers avec une idée en tête : construire un modèle réduit de bouilleur pour favoriser l’accès à l’eau potable dans les pays émergents. Après plusieurs mois de travail, le résultat n’était pas très satisfaisant. Le système consommait beaucoup d’énergie et ne produisait pas grand-chose. Faire de l’eau potable, ce n’est pas aussi simple que ce que je pensais…
Je me suis ensuite lancé dans une autre aventure. Il y a 3 ans, j’ai créé avec deux coéquipiers le projet Plastic Odyssey. Cette fois notre objectif est de s’attaquer à la pollution plastique dans les pays émergents. Une de nos problématiques actuelles est de trouver des solutions pour limiter l’utilisation des bouteilles plastiques. A bord de notre navire ambassadeur nous travaillons avec Inovaya sur un système qui pourra bientôt fournir de l’eau potable à l’équipage. En plus de promouvoir des solutions pour recycler les déchets plastiques, notre navire fera connaitre cette innovation qui pourrait fournir de l’eau potable à ceux qui n’en ont pas, tout en évitant la consommation de bouteilles et sachets plastique.”

 


Ismaël, France

« Quand j’étais enfant je suis allé en vacances en Algérie.
J’y ai découvert qu’il ne suffisait pas d’ouvrir le robinet pour trouver de l’eau potable. Ce que je prenais comme acquis et naturel en France, ne l’était pas tant que ça et constituait même une source de préoccupation. Cette expérience, que j’avais vécus comme étant un injustice, a véritablement changé le regard que je portais sur ma consommation d’eau. À mon retour de vacances, j’étais devenu obsédé par la quantité d’eau que je dépensais. Je faisais attention quand je me lavais les dents, que je prenais ma douche et aussi lorsque je tirais la chasse. »

 



Jeanne, France

« Été 2014, j’arrive au Pérou avec une amie dans le cadre d’une mission associative. Le voyage a été long, il est minuit au Pérou et nous ressentons un mélange de fatigue, d’excitation et de curiosité. Arrivées à la maison, nous commençons à échanger avec notre famille d’accueil quand la maîtresse de maison nous propose de boire quelque chose pour nous remettre du voyage. Ne souhaitant pas déranger, nous répondons sans réfléchir « juste un verre d’eau, merci beaucoup ».
Le père de famille continue de discuter avec nous pendant que la mère et leur fils s’éclipsent dans la cuisine. A ce moment-là, nous ne comprenons pas ce qu’il se passe, mais nous mettons ça sur le compte de notre espagnol approximatif. C’est uniquement 30 minutes plus tard, en voyant le fils revenir, essoufflé, et avec un bidon d’eau de 10L que nous avons compris… Il était parti à la recherche d’une boutique ouverte en pleine nuit pour pouvoir nous offrir un verre d’eau.
Cette maladresse nous aura donné une belle leçon de vie sur la valeur de l’eau… »

 



Julien, France

« En Colombie, on faisait un trek pendant 2 jours sous les tropiques, humidité à 80%, on suait… beaucoup et on avait pas pris assez d’eau. Début de la 2ème journée, plus d’eau et une montagne à monter, on va doucement, mon pote Victor ne se sent pas bien, on fait des pauses toutes les 2 minutes, on n’avance pas vraiment, mais on sue toujours autant… bref, pas la folie !
Au détour d’un virage, une rivière d’eau cristalline, elle ne peut qu’être saine, on est au milieu de la jungle ! Quel bonheur !! On a bu, on s’est baignés, on a rempli les bouteilles vides et on est repartis en pleine forme !
La prochaine fois, on réfléchira à deux fois à la quantité à emporter pour un trek ! »

 



Sophie, France

« J’ai travaillé pour une ONG qui, entre autres projets, agissait pour l’accès à l’eau potable pour tous. Ils participaient à la réhabilitation et la construction de puits mais aussi de latrines. J’ai totalement découvert ce sujet de l’accès à l’eau potable à ce moment. J’ai appris que c’’était un droit humain fondamental reconnu par l’ONU depuis 2010 (seulement). J’ai surtout pris consciences de toutes les conséquences du manque d’accès à l’eau potable – conséquences directes (maladies, insécurité alimentaire) et indirectes (pas de scolarisation pour les enfants qui marchent parfois 10kms/jour pour aller chercher de l’eau). »

 



Maëlle, France

Avec des amies on était partie cinq jours à bord d’un van, dans le désert. On avait embarqué avec nous juste le nécessaire : nos tentes, des vêtements, de la nourriture, quelques bidons d’eau, de la musique et le sourire jusqu’aux oreilles.

Loin de tout, les jours passaient et on prenait de plus en plus conscience de la quantité limitée de nos ressources. Au début on utilisait notre eau potable pour tout : nous laver les dents, les mains, le visage, faire cuire nos pâtes etc … et puis au fur et à mesure on a dû choisir dans quelle mesure on devait utiliser cette eau potable. On a limité notre utilisation et on comptait presque les gouttes en se servant.

Finalement, les derniers jours il ne nous restait plus assez d’eau potable, alors on l’utilisait juste pour boire. Et on la savourait ! Pour le reste, heureusement sur le chemin on trouvait parfois des points d’eau non-potable, et on le récoltait dans nos bidons vides.